Fusion entre l’homme et l’éléphant !

Sen Menorom

Mondulkiri, non ce n’est pas la marque d’un biscuit ni d’un fromage mais le nom d’une province située à l’est du Cambodge, proche de la frontière vietnamienne. Sen Monorom n’est pas non plus le nom d’un médicament mais est le chef-lieu de la province. Cette région est touristiquement connue pour son relief, son point culminant atteignant les 800 mètres (le Cambodge ne dispose pas réellement de montagnes). Du coup le climat y est plus frais qu’ailleurs, on respire quand les autres régions suffoquent.

L’endroit est surtout réputé pour son programme de protection des éléphants. Nous sommes là, on va donc en savoir un peu plus sur ce programme et ses habitants des villages traditionnels appelés « Bunong ».

A 26 en minibus

Avant de venir plus en détails sur nos 2 jours ici, je dois revenir un instant sur notre trajet pour y arriver. Nous sommes partis de Kratie à 7h du matin pour 6h de route en minibus (pas de bus touristique vers cette région). Après un ramassage d’auberges en auberges et à la station de bus, nous partons dans ce mini-van prévu pour 13 personnes, chauffeur compris. Nous sommes déjà 17 en quittant la ville mais c’est sans compter les nombreux arrêts sur les 10 premiers kilomètres…1/2h plus tard, nous voilà à 26 dans le minibus, plus les bagages, plus quelques sacs de riz, plus une mobylette attachée à l’arrière du véhicule. Aie aie aie…comment est-ce possible ? Nous sommes soulagés car nous avons +/- un siège et les fenêtres sont ouvertes. Mais devant et surtout derrière, on se croirait dans un film tellement c’est irréel. Sur la dernière banquette arrière et dans le coffre ouvert, ils sont 10, au moins, on arrive à peine à compter les gens. Personne ne se plaint du côté cambodgien, les seuls à râler sont 2 touristes devant nous, on en rit…sans se moquer (quoique), on se dit qu’ils sont en vacances et qu’ils n’ont certainement pas l’habitude de voyager en Asie.

Protection des éléphants

Arrivés à notre destination, nous ne serons ici que pour 2 nuits,  nous devons par conséquent organiser notre journée du lendemain au plus vite. Nous avons lu que le restaurant Green House hébergeait « l’Elephant valley project » qui est un programme visant à aider les habitants à prendre soin et protéger les éléphants de la région. Dans les collines, les « bunong » (communauté de la région) ont toujours fait travailler les éléphants, parfois dans des conditions très difficiles pour l’animal. Aujourd’hui, le programme vise à attirer les touristes en participant à la vie des habitants, voire à contribuer en tant que volontaires aux tâches quotidiennes. L’argent ainsi récolté est redistribué en grande partie aux habitants et au programme s’occupant des éléphants.

Tous les programmes n’étant pas disponibles, nous nous voyons proposer une journée avec une famille dans la jungle et leur éléphant. Let’s GO !

Fusion

Il est 8h30. Nous partons avec un guide vers un petit village perdu dans les collines. En son sommet, nous arrivons sur une route sans issue. La famille a déjà quitté le village et est au travail depuis longtemps. Nous marchons et puis dévalons la colline pendant 30 minutes. Là, dans la jungle, on aperçoit une maison en bois, plutôt une cabane. Deux très jeunes adultes tiennent leur enfant né il y a 25 jours. Ils sont à l’intérieur où les braises chauffent la pièce, autant pour la cuisine que pour la chaleur, bébé oblige. La marmite est sur le feu. Nous attendons quelques minutes et devant nous surgit alors l’irréel mahout assis sur son éléphant, une femelle de 60 ans. L’homme, du même âge que son éléphant, nous salue. Nous lui offrons une veste en guise de cadeau et un sarong à pour épouse. Ils sont contents. Nous apprenons qu’ils ont eu 10 enfants et que le bébé qui se trouve dans la pièce est leur CINQUANTIEME petit-enfant. Nous restons sans voix. Nous accompagnons alors pendant presque deux heures l’homme et le pachyderme. On dit que « l’éléphant, une fois dompté, devient le plus doux et le plus obéissant de tous les animaux », c’est sans doute vrai à voir notre hôte diriger le mammifère avec des cris incompréhensibles à notre oreille. Elle se dirige alors vers tout ce qu’elle peut manger en variant son menu, c’est qu’elle ingurgite quand même 200kg par jour. Ensuite vient l’heure du bain dans une rivière assez tourmentée. L’homme se met alors dans toutes les positions ordonnant calmement à sa belle de se tourner à droite puis à gauche, puis de plonger la tête. Comment est-ce possible ? Aujourd’hui, on se sert encore des éléphants pour ramener au village des denrées récoltées dans la vallée mais beaucoup moins qu’autrefois. L’argent des touristes permet de ne plus exploiter les animaux de façon irrespectueuse. Pourtant ici, il n’y a aucune machine !

Récolte du riz

Après un repas avec la famille, nous nous reposons un peu, puis prenons notre panier que nous encerclons autour de notre taille (avec difficulté), c’est l’heure de la récolte du riz. Pendant 2 heures, nous allons aider la famille à ramasser quelques paniers. Le riz récolte n’est utilisé que pour nourrir la famille, c’est dire l’importance de chaque récolte. En plein soleil, nous mesurons l’effort à fournir pour effectuer cette tâche. D’un autre temps, nous sommes contents de participer mais on réalise que nous, Occidentaux, depuis nos bureaux nous sommes loin de la réalité que vivent tous ces gens. On les admire !

Notre journée se termine par une baignade dans la rivière et une remontée de la vallée avec plus de 200 mètres de dénivelé. Qu’importe, les villageois font ça tous les jours, on marche, on transpire, on y arrive. Le temps de visiter le village de la famille et de se rendre compte comment le temps s’est complètement arrêté ici. On observe les cochons errant autour des maisons, ils sont plus nombreux que les chiens. Des maisons encore en bois et chaume sont là, habitées par les plus anciens, restés fidèles à leurs traditions. Le temps d’un « au revoir », le village nous salue, toujours avec un sourire plus beau que jamais. On rentre dans notre camionnette, sans un mot…

A bientôt,

Pierre et Roxane

Retrouvez ici toutes les meilleures photos sur le Cambodge

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Pierre Michaux

Travel blogger
Passionné de voyages, je réalise mon rêve à chaque nouvelle destination que je découvre. Les rencontres, la culture, les nouvelles technologies, la musique, sont autant de moteurs qui me "boost" chaque jour! Blogueur-voyageur et expatrié, aujourd'hui je partage avec vous mes expériences de voyages autour du monde à travers mes articles et mes réflexions.