Maramures et Bucovine

Voyage en voiture en Roumanie

Nous quittons les rives du Lac Balaton et mettons directement le cap sur la Roumanie. Un voyage en voiture en Roumanie, pays qui est 7x plus grand que la Belgique, nous avons envie d’un profiter un max! Après 7 heures de route, nous traversons la frontière Hongrie-Roumanie, nous roulons maintenant dans la région du Maramures.

Hors du temps dans le Maramures

Villageois en charrette

Quel contraste ! Après seulement quelques dizaines de kilomètres, c’est le choc! Pour la première fois depuis le début de ce « road trip », nous nous retrouvons hors du temps. D’un village à l’autre, jusque Sighetu Marmatei, notre étape, nous croisons des habitants ayant revêtu leurs beaux habits, notamment les femmes avec leurs jupes noires décorées de petites fleurs bleues. Nous roulons lentement. On nous avait prévenu, les routes roumaines ne sont pas encore au top, nous croisons quasiment plus de charrettes tirées par des chevaux que de voitures.

Nous arrivons à notre auberge où nous sommes accueillis par Ileana comme de la famille, de vieux amis venus en visite. Après un bon repas arrosé de quelques verres d’afinata en guise de bienvenue (alcool de canneberges, fait maison), nous dormons comme des bébés, bercés par des notes plus que positives sur cette Roumanie qui vient de nous accueillir.

Nous avons choisi Sighet comme première étape pour deux raisons. C’est tout d’abord ici que se trouve une tristement célèbre prison, lieu sinistre qui, pendant la période communiste, a détenu et torturé de nombreux Roumains, simplement parce qu’ils étaient opposés au régime en place. Ce n’est pas qu’on aime le tourisme morbide, mais il nous paraît important de visiter ce genre d’endroits pour bien comprendre l’histoire du pays. On ne peut s’empêcher de penser qu’on est quand même né du bon côté du Rideau, même si tout n’est pas toujours rose chez nous non plus!

 Prison de Sighetu Marmatei, transformée en Musée des Victimes du communisme et de la résistance

Prison de Sighetu Marmatei, transformée en Musée des Victimes du communisme et de la résistance

Outre le paysage rural qui ne cesse de nous surprendre par sa beauté et son authenticité, la deuxième raison de notre venue à Sighet est le cimetière de Sapanta. On l’appelle le « Cimetière Joyeux », drôle de nom pour pareil endroit, suffisamment pour piquer notre curiosité. Tous les morts du village y reposent sous des tombes dont les croix en bois sont peintes en bleu. Et plutôt que d’avoir la photo et le nom des défunts sur la tombe, ils sont représentés en peinture d’après le métier qu’ils exerçaient de leur vivant. On découvre donc des fileuses de laine, des laitières, des instituteurs, des médecins ou encore des charpentiers et des bergers. C’est l’artiste local Stan Ioan Patras qui a eu cette idée en 1935. Depuis, l’élève de l’artiste fait perdurer la tradition. Unique !

Le cimetière de Sapanta et ses tombes peintes par un seul et même artiste rappelant le métier du défunt.

Le cimetière de Sapanta et ses tombes peintes par un seul et même artiste rappelant le métier du défunt.

Les Monastères de Bucovine

Monastère de Voronet

Monastère de Voronet

Après avoir passé 3 jours à découvrir cette magnifique région, nous partons vers la Bucovine, célèbre pour ses nombreux monastères orthodoxes du 15ème S. La particularité de ces derniers est que, non seulement ils renferment des fresques somptueuses et de nombreuses icônes d’origine, mais les murs extérieurs sont également peints. Parfois les fresques ont été patinées par le temps, mais ceux inscrits au Patrimoine Mondial par l’Unesco révèlent des couleurs et des motifs incroyables. Nous en visiterons 4 : Humor, Suceavita, Moldovita et Voronet, comparé à la Chapelle Sixtine tellement les peintures sont riches. Là où se cachent les monastères, nous découvrons des hameaux, parfois en nous arrêtant et en se demandant si nous sommes vraiment en 2015. Hors du temps, on vous dit !

La Bucovine, région frontalière avec la Moldavie, est rurale, certes, mais elle révèle de somptueux paysages au fur et à mesure que nous la parcourons. Le printemps a pointé le bout de son nez et même si la fraîcheur matinale est encore bien présente, les prés et les vergés sont en fleurs. C’est aussi le moment de couper le foin et de le faire sécher de manière fort différente de chez nous. Coupé à la faux et déposé sur des armatures en bois, leurs formes font appel à notre imagination, un épouvantail par ci, un fantôme par là. Sentiment étrange.

Meules de foin disposées à l'horizontale, les fantômes du Maramures

Meules de foin disposées à l’horizontale, les fantômes du Maramures

Nous quittons avec regret ces deux régions magnifiques.  Terres de traditions, elles nous ont permis de voyager dans le temps l’espace d’une semaine. Puissent la modernité leur rendre une vie plus facile mais sans perdre de leur authenticité. Le voyage en voiture en Roumanie, lui, continue. Nous n’avions pas soupçonné être autant touchés par ce pays et ce n’est qu’un début !

A très bientôt pour la suite du voyage !

Vite, rendez-vous à l’article suivant, en route pour la Transylvanie et le pays de Dracula!
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Pierre Michaux

Travel blogger
Passionné de voyages, je réalise mon rêve à chaque nouvelle destination que je découvre. Les rencontres, la culture, les nouvelles technologies, la musique, sont autant de moteurs qui me "boost" chaque jour! Blogueur-voyageur et expatrié, aujourd'hui je partage avec vous mes expériences de voyages autour du monde à travers mes articles et mes réflexions.