La Grande Muraille de Huang Hua Cheng, un rêve devenu réalité

La Grande Muraille: Pékin, 02 septembre 2015

Cela fait quelques jours que nous sommes maintenant arrivés à Pékin, les frustrations sont grandes. Les restrictions dues au défilé pour la célébration de la fin de la guerre contre le Japon (septembre 1945) nous posent de réels soucis: Cité Interdite…interdite, pas de night market où nous aurions pu dévorer moult insectes (quoique), nombreux sites et musées fermés ! Un quiproquo incessant et à la chinoise afin de savoir ce qui sera ouvert ou pas, y compris les routes, les stations de métro et autres lignes de bus. Heureusement, grâce au croisement de plusieurs sources, nous avons quand même pu quitter Pékin par la route et crapahuter sur la Grande Muraille de Huang Hua Cheng avec Maureen, expatriée à Pékin et une de ses amies, expat également, Anaïs.

Du rêve à la réalité

La Grande Muraille : rien que le nom nous fait rêver ! Qui n’a jamais, étant enfant, imaginé qu’il se baladait sur ce chemin infini, tellement lointain et mystérieux ? L’évocation du nom éveille aussi en nous des images de guerriers. C’est une construction simplement inimaginable. A l’origine, elle faisait plus de 6700km, les Chinois l’ont construite à coup de grand frais et de pertes humaines en s’imaginant stopper l’ennemi venant du Nord, les Mongols. Mais l’œuvre des Ming étant discontinue, cela n’a pas empêché Gengis Kahn et son armée de passer le mur et d’envahir la Chine.

Aujourd’hui, ce symbole très fort du pays, est en partie reconstruit sur plusieurs portions et ouvert au public. Les sections les plus connues mais les plus touristiques sont Badaling, Mutanyu ou encore Simatai, récemment rouverte après rénovation. La section que Maureen va nous faire découvrir n’est, quant à elle, pas tout à fait rénovée et c’est tant mieux ! Et surtout, elle n’est pas ouverte au public et ça on aime, en tous cas au début !

Seuls au monde!

L’avantage avec Maureen, c’est qu’elle connaît déjà cette portion pour y être venue il y a quelques mois, au printemps. Aujourd’hui, c’est elle qui mène le groupe, nous emmène à 60km de Pékin et nous en profitons donc à 200%. Elle connaît le coin, parle couramment le chinois, peut négocier avec le local. On négocie le transfert de la station de bus jusqu’à la Grande Muraille de Huang Hua Cheng pour 300RMB (pour 4, soit +/- 11€ par personne). Après une demi-heure de trajet, nous apercevons les premières pierres de ce chef d’œuvre! L’astuce, c’est que nous (enfin, Maureen) demandons au chauffeur de nous déposer près de l’échoppe d’une petite madame qui ne nous fera payer que 3RMB par personne (autant dire rien – 0,40€) pour pouvoir entrer sur son terrain et accéder à la Grande Muraille par des escaliers et une petite échelle. C’est l’avantage de faire la visite avec des gens qui connaissent le coin (et surtout la langue)!

Nous croiserons en tout et pour tout une dizaine de Chinois et 2 Allemands sur les 30 premières minutes, puis plus personne, pas mal pour un ensemble de sites qui accueillent chaque année des millions de visiteurs.

Ca monte, ça descend…puis ça monte encore

Dès la première tour de garde, le panorama est à couper le souffle, au sens propre comme au sens figuré d’ailleurs. Nous apercevons le point d’eau en contrebas. Ca grimpe sec directement, les marches sont très irrégulières et les pentes abruptes. C’est très difficile, on mouille le maillot très rapidement (surtout moi – Roxane – la grande sportive) mais ça en vaut vraiment la peine. On touche le sol avec nos mains tant le dénivelé est important sur quelques mètres puis on passe sur des sections tellement étroites qu’on en a le vertige. La première partie fut rénovée il y a quelques années, puis abandonnée. Du coup, on a vraiment l’impression d’être sur une partie en ruine, à l’abandon. Sans parler de ces « fenêtres » des postes de garde qui ne sont pas tout à fait dans l’axe du chemin. Un pied en oblique, on s’entraide et on grimpe en évitant de penser au vide, juste en-dessous de nos pieds !

Grande Muraille_Chine_Allonsvoirailleurs.be

Ca fait peur et je dois avouer que je me suis demandée plusieurs fois si on avait pas été un peu fous de s’aventurer sur cette partie! Au final, on en est tous sortis indemnes, avec quelques frayeurs et des rires nerveux, mais quel bonheur ! Le paysage est à couper le souffle, il fait un peu brumeux, ce qui donne à notre aventure un goût très mystérieux. Nous sommes seuls sur cette section, on se sent un peu comme les maîtres du monde, loin de tout et notre imagination peut s’envoler. A chaque pas, on ne cesse de penser à la manière dont les pierres de cet édifice furent montées une par une pour former la plus grande construction militaire jamais construite dans le monde. Et à ces guerriers qui tombaient vraisemblablement dans le vide, celui-là même juste devant et derrière nous.

Après 14km et 4h de marche, il est déjà temps de repartir, notre chauffeur nous attend à l’autre bout du chemin. Les jambes tremblotantes, quelques égratignures légères et de belles courbatures, nous rentrons béats à Pékin. Même si depuis 3 semaines nous marchons facilement 10 à 15km par jour, nous sentirons quand même nos courbatures pendant près d’une semaine. Chaque escalier à monter ou descendre nous ramènera vers la Grande Muraille. Aucun regret, il fallait venir ici et grimper la bête au moins une fois dans sa vie.

Un adage dit « Celui qui n’a pas gravit la Grande Muraille n’est pas un brave ». Et bien, le 30 août 2015 est officiellement le jour où nous sommes devenus des « braves » !

Journée mémorable, souvenir pour la vie, un tout grand merci évidemment à Maureen qui nous a fait découvrir « sa » muraille, la Grande Muraille de Huang Hua Cheng !

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Comment s’y rendre?

« En Exclusivité », on vous donne le truc! Bon, il faut quand même savoir que cette portion est pour le moment (09/2015) fermée au public. Donc, 2 choses, allez-y en connaissance de cause et soyez très prudents. Nous ne recommandons ABSOLUMENT PAS d’y aller avec des enfants, ni de personnes en mauvaise condition physique. Il faut être prudent et prêt à surmonter quelques difficultés techniques pendant la randonnée. Impossible de faire demi-tour non plus! A bon entendeur 🙂

Depuis la station de bus/metro de Dongzhimen, prendre le bus916快 (avec le petit caractère = 916 rapide qui évite une multitude d’arrêts, depuis la garde de Dongzhimen 东直门) . Nous sommes descendus à Huai rou bei da jie  (怀柔北大街) où les « taxis » attendaient. Là nous lui avons demandé de nous conduire à la Grande Muraille  de Huang Hua Cheng (黄花城). 

Grande Muraille_Chine_Allonsvoirailleurs.beCeci est une carte interactive. Passez votre souris sur la carte et découvrez les images, liens et autres informations disponibles.

https://www.thinglink.com/scene/705713082193674241

Nous avons commencé la randonnée au lac Jintang (Huang hua cheng shui ku –  黄花城水库) et avons marché jusqu’au réservoir, nous avons alors retrouvé notre chauffeur sur le parking de la section de la Grande Muraille qui s’appelle Shui changcheng lü you qu (水长城旅游区), nom qui n’est pas sur la carte mais qui correspond au réservoir et qui est juste au village Xishuiyu (西水峪). Nous avons alors demandé à notre chauffeur de nous ramener non pas là où il nous avait pris, mais au terminus des bus soit Huai rou qiche zhan (怀有汽车站)
Pour information, le premier bus à partir de Beijing est à 6h (dernier à 21h pour ceux qui voudraient dormir sur la Grande Muraille; mais je doute qu’il y ait encore des chauffeurs qui attendent à 22h à Huairou) et le dernier bus à partir de Huairou est à 18h50 (le premier à 4h50 pour ceux qui ont passé la nuit là bas et qui n’ont qu’une envie, rentrer le plus tôt possible à cause de cigales mutantes qui les ont empêchés de dormir toute la nuit!)!

Distance approximative de la randonnée : 14km

Temps moyen : 3h30 – 4h30

Prix total (Bus/Taxi/Entrée): 102RMB (pp)

La Grande Muraille: Informations diverses

Alors, qu’en avez-vous pensé de cette épique randonnée sur la Grande Muraille de Huang Hua Cheng? Ca vous est déjà arrivé ce genre de sentiment?

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Pierre Michaux

Travel blogger
Passionné de voyages, je réalise mon rêve à chaque nouvelle destination que je découvre. Les rencontres, la culture, les nouvelles technologies, la musique, sont autant de moteurs qui me "boost" chaque jour! Blogueur-voyageur et expatrié, aujourd'hui je partage avec vous mes expériences de voyages autour du monde à travers mes articles et mes réflexions.