Il y a quelques jours, nous avons goûté à l’expatriation, pour un soir du moins! C’était à Nivelles lors des conférences organisées par “Exploration du Monde”. Adrien Joveneau, l’animateur de l’émission “Les belges du bout du monde“, était ce soir-là le conférencier du jour. L’émission, qui démarrait en décembre 1985 sur un imprévu, est aujourd’hui la plus ancienne des radios de la RTBF. Le rendez-vous dominical est plus qu’ancré sur La Première et le concept s’est depuis décliné en livres et en dix émissions télé par an. Jusque fin avril, il tourne en Wallonie et à Bruxelles montrer le visage de certains des 3000 belges qu’il a déjà rencontrés au fil de ses voyages depuis 30 ans. Vous saviez, vous, que près de 600.000 belges vivent à l’étranger?

Le temps d’une soirée, nous avons donc rêvé à travers les portraits de ces belges expatriés sur des îles un peu partout dans le monde et d’autres compatriotes vivant, eux, en Afrique centrale. Quel voyage! Nous en gardons un excellent souvenir!

A cette occasion, Gerry Brusselmans du journal LE SOIR a réalisé une interview et publié un article que nous partageons avec vous ci-dessous:

GB: 30 ans de «Belges du bout du monde» et vous voilà avec une nouvelle casquette de conférencier. Une envie personnelle?

AJ: Non, je ne m’y attendais pas du tout! C’est l’attachée de presse d’«Exploration du monde» qui me l’a proposé par téléphone voici deux ans, alors que j’étais en tournage en Roumanie. Je pensais que c’était François Pirette qui me faisait une blague. «Exploration du monde», ça rime pour moi avec des grands noms comme Haroun Tazieff ou Roger Frison-Roche. Lors de la première conférence le week-end dernier à Charleroi, j’ai réalisé que j’embarquais dans une nouvelle aventure. Je reviens en quelque sorte à mes premiers amours, car j’ai été professeur avant d’arriver à la radio. Nous avions prévu des conférences jusqu’à fin mars et vu l’engouement, on prolonge jusqu’au 22 avril.

GB: Vous veniez de la radio libre dans les années 70, avant de débarquer à la RTBF en 1984. La radio est venue avant la passion du voyage?

AJ: Faire de la radio, c’était mon souhait le plus cher. Lorsque j’habitais à Tournai, j’étais animateur sur des radios locales comme Radio Interim. Nous nous cotisions pour acheter un émetteur ou du matériel studio. En gros, je payais pour faire de la radio. J’avais envoyé des centaines de cassettes à des radios nationales, j’étais même prêt à servir le café. A la fin de l’année 1983, j’ai commencé à faire des piges pour la RTBF. J’ai présenté des émissions de musique classique et même d’accordéon. J’étais une espèce de mercenaire, je prenais tout ce qu’il était possible de faire.

GB: La première émission des «Belges du bout du monde» est d’ailleurs partie d’un malentendu. Comment est-ce devenu un rendez-vous fixe?

AJ: En 1985, alors que je présentais le décrochage régional de la RTBF Nationale 4, j’avais demandé d’animer au moins une journée par semaine à l’extérieur. RTT, qui était l’ancêtre de Belgacom et partenaire de l’émission, m’avait demandé de faire un reportage dans leurs locaux à Lessive. Pour meubler l’antenne, j’ai proposé aux auditeurs de les mettre en contact avec une sœur ou un cousin à l’étranger. Ce «one shot» a tellement bien fonctionné qu’on a lancé une émission pendant un été. Nous avons été submergés d’appels.

GB: Depuis trente ans, c’est vous qui organisez vos voyages au bout du monde pour l’émission. C’est plus difficile aujourd’hui?

AJ: Ce n’était pas évident de bousculer les formats de la radio, quelque peu rigides à l’époque sur la RTBF. Très modestement, j’ai été précurseur dans les partenariats. J’ai dû trouver des aides extérieures pour faire voyager l’émission. Il y a eu le Guide du Routard pendant un moment, c’est maintenant la Coopération belge au développement. Hormis le salaire humain, cette émission coûte zéro euros à la RTBF. Un producteur privé, Francis Collet, investit depuis quelques années pour faire tourner l’émission télé. Les partenariats sont plus faciles aujourd’hui.

GB: Vous n’avez jamais été inquiété par la direction en 30 ans ou connu une baisse de régime?

AJ: La période la plus difficile fut le fameux printemps de la radio en 1989. La directrice de la radio de l’époque, Mamine Pirotte, m’avait mis de côté pendant six mois. J’étais un peu blessé mais j’étais très content de revenir. Ça fait partie du jeu, je suis conscient d’être sur un siège éjectable. Cela m’oblige à être créatif, à faire évoluer les séquences et sonder les nouvelles tendances.

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